Les inévitables limites

On a coûtume de dire que "la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu'elle a... " et on peut tout à fait appliquer ce dicton à nos supports d'images car, quelles que soient les
qualités des scanners, aucun ne peut aller y chercher des informations qui n'existent pas.
Numériser un tirage au-delà de 300 dpi équivaut à arroser un trou de serrure avec une lance de pompier pour remplir un verre situé de l'autre côté de la porte,
car dans ce cas on ne fait qu'interpoler l'image, c'est à dire créer des pixels supplémentaires qui ne sont que des copies "de voisinage" de ceux qui peuvent prétendre être
les éléments originaux.
Encore faut-il définir ce que sont ces "originaux" - qu'aucun logiciel d'ailleur ne sait différencier d'avec d'éventuels "faux" - car il ne s'agit que petits paquets d'argent-métal ou de
colorants selon que l'on est en présence de noir & blanc ou de couleurs. Ces éléments sont dispersés pas très régulièrements en suspension dans des couches de gélatine, et l'on est loin
des photosites tirés au cordeau des capteurs. Leur nombre varie en fonction du support, de sa sensibilité nominale et leur taille est fonction de cette dernière.
Un tirage-papier voit
ses contrastes aplatis et dépasse rârement 300 dpi de résolution. Un négatif ou une diapo tournent autour de 3000 - 3200 et conservent une certaine profondeur de couleurs et
tout le contraste encaissé par le film. D'où l'interrêt du scanner à films dont la dMax est généralement supérieure à celle d'un mixte.
Tout ceci pour rappeler que contrairement au numérique, scanner n'est pas "constuire" une image mais la re-photographier avec tous ses défauts et qualités. Un tirage mal fait avec des
basses ou hautes lumières peu détaillées ne pourra quasimentj amais être "rattrapé" par une numérisation.
Dans le cas d'un travail pour l'édition, on peut parfois admettre d'agrandir à 150% des images sur lesquelles on souhaite se donner une certaine "marge" pour réaliser des retouches.
Et l'affaire passe très bien à partir du moment ou la finalité est de réduire à nouveau à l'echelle de l'impression dans la mesure ou celle-ci se contente de formats modestes, car tout
le monde ne fait pas nécessairement du "double page" ni même du A4.
Pour le film c'est autre chose. Un négatif peut contenir des informations que la tireuse n'a pas su trouver en particulier dans les zones d'ombres,
la machine ou le "tireur" étant contraints de faire des choix qui consistent à "moyenner" l'exposition sur l'ensemble de l'image pour aplatir le contraste afin qu'il entre dans les bonnes
grâces du papier. Les hautes lumières peuvent avoir fait les frais de cette façon de travailler ou
- ce qui est plus radical - d'une mauvaise exposition (surtout avec le numérique) et ont souvent perdu des détails qu'il est quasiment impossible de rattraper.
C'est là que le numérique intervient. Là ou le papier montre ses limites, et ou les APNs mal drivés peuvent - avec l'écrasement en jpeg - être incapables de faire le "grand écart" entre les
hautes et basses lumières, les pixels bien menés peuvent parfois nous tirer de ce mauvais pas à la condition de faire de bons choix.
Qu'il s'agisse des gros APNs capables de faire du bracketing (-1, 0, +1 ) et en Raw s'il vous plait... ou de la multi-numérisation appliquée à postériori à une diapo, on peut s'essayer à faire
des "sandwich" au moyen de masques de fusion, ou encore du HDR (
High Dynamic Range) à l'aide de softs tel que
Photomatix (
ici un tuto) Vous trouverez pas mal de liens sur la page Wikipedia vers laquelle renvoit le premier des deux liens ci-dessus, mais aussi sur ce site à la section [post-traitement].
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